Pourquoi un acte II du Quinquennat ?

Après la réforme des retraites le temps de l’acte II du quinquennat approche. Il s’agit d’une réorientation du leadership construit au cours de l’acte I. Il s’agit aussi de reconquérir des Françaises et des Français qui se sont éloignés de la Majorité présidentielle durant le quinquennat. Pour eux, l’acte II devrait être moins un changement de cap que de ton.

  • Pourquoi faut-il un acte II ?

– d’abord pour tirer les leçons de l’acte I ;
Après 3 années de réformes un bilan s’impose pour corriger (bouclier fiscal, LME, formation professionnelle, médecine libérale, emploi, LMA, logement…), pour prolonger (universités, traité de Lisbonne, relance économique, maîtrise des déficits, soutien aux PME…), pour améliorer (ruralité, finances locales, cohésion sociale, décentralisation, dépendance…) aussi pour valoriser (retraites, service minimum, grand emprunt, G20, internet et les libertés…) ;
-ensuite pour renouveler des équipes fatiguées, pour remobiliser les talents écartés, pour améliorer le collectif de l’exécutif ;
-enfin, pour dépasser la promesse d’efficacité ( »tout est possible ») par une vision d’avenir ( » où va La France »). Il s’agit de donner du sens aux réformes.
Un peu plus de Luc Ferry, un peu moins de Jacques Attali !

  • Quelles formes pourrait prendre, éventuellement, cet acte II ?

– un changement significatif de gouvernement pour incarner une nouvelle étape ;
– une relance de l’Ump, de la majorité présidentielle dans sa diversité et une nouvelle dynamique parlementaire ;
– un discours du Président au Congrès ou du Premier Ministre au Parlement pour fixer l’orientation globale et la politique générale du gouvernement. Un vote de confiance qui fixerait le périmètre de la majorité ;
– après le temps du clivage vient le temps du rassemblement. Avec les cicatrices sociales de la réforme des retraites, il devient nécessaire de recoudre le tissu social. Il y a urgence à conduire « un plan de relance sociale » dont l’emploi et le logement doivent être les deux priorités ;
– l’exécutif pourrait repenser son rapport au temps. L’acte I était une course contre la montre, l’action fixait le rythme, l’acte II devrait être marqué par l’écoute et le dialogue, ce qui impose de laisser plus de temps au temps. L’acte II devrait être une étape d’apaisement ;
– la réforme doit rester le fil rouge du quinquennat mais avec l’acte II, parce qu’elle sera davantage qualitative que quantitative, la réforme sera plus une continuité qu’une rupture ;
– au bout de 3 ans un quinquennat doit avoir atteint ses objectifs initiaux (c’est le cas en 2010 comme ce le fut en 2005), dans les 2 dernières années, en réalité, c’est le prochain mandat qui s’ébauche, 2012 commence en 2011 !

En général, dans la Vème République, le calendrier de l’exécutif n’est pas annoncé très longtemps à l’avance.
En annonçant un remaniement 8 mois à l’avance, le Président se prive des effets de surprise mais, à l’inverse, il se donne la capacité de tester, par le débat, ses différentes hypothèses. Puisque le Président est à l’écoute, ouvrons ici le débat. Ce billet n’est pas une recommandation, mais une réflexion soumise à discussion.

jpr

Mots-clefs : ,

Un commentaire sur “Pourquoi un acte II du Quinquennat ?”

  1. J’adhère à ces idées, je pense qu’effectivement il faut maintenant devenir plus sereins dans les démarches et s’occuper en priorité des besoins des classes qui souffrent,le programme de 2007 était très valorisant pour ces classes mais n’a pas obtenu satisfaction pour raison de crise économique, il serait souhaitable d’y remédier si l’on veut que les Français qui se sont éloignés reviennent vers la droite

Laisser une réponse