Les réformes ont donné le tournis à notre peuple

Retrouvez l’interview accordée par Marc Laffineur  au Courrier de l’Ouest le Mardi 23 mars 2010

Marc Laffineur, président départemental de l’UMP, reconnaît la victoire de la gauche, mais surtout la défaite de la droite. Trop de réformes et d’ouverture, crise internationale : « La majorité doit se poser des questions.» 

Une liste unique à droite était-elle ma meilleure solution ?

Marc Laffineur : « Il y a six ans, on nous a dit que nous avions été battus parce que divisés. Il  n’y a pas de tactique à rechercher avec des « si ». La véritable raison réside dans l’angoisse des Français face à la crise. L’angoisse pour aujourd’hui mais aussi pour demain. »

Christophe Béchu était-il le meilleur candidat ?

« Christophe Béchu a fait une très belle campagne électorale. Il a été très présent. Personne n’aurait fait mieux que lui. Il a fait le deuxième meilleur score à droite de ces élections. »

C’est donc une sanction de la politique de François Fillon ?

« Il faut reconnaître que c’est une victoire de la gauche, mais c’est surtout une défaite de la droite. Je ne crois pas qu’il y  a eu un engouement pour la gauche. J’ai ressenti une profonde inquiétude de notre peuple. Il est anxieux. Il se demande où nous allons. La majorité doit se poser beaucoup de questions. Ce n’est pas la réforme qui est en cause. Elle est nécessaire, les Français en sont conscients. Mais c’est la vitesse à laquelle nous faisons les choses qui ne va pas. Le fait de légiférer à tour de bras depuis trois ans à l’Assemblée nationale a donné le tournis à notre peuple. Du coup ça amplifie l’anxiété des Français. Dans les jours qui viennent, la majorité doit pouvoir répondre à cette anxiété. »

Mettre le pied sur les freins de la réforme ?

« La réponse n’est pas de mettre la pédale sur le frein, mais de ne pas tout faire en même temps. Il faut cibler les réformes. Ne pas faire 36 choses en même temps. Il faut avoir un discours de rassemblement. Quand ça va mal, il faut rassembler notre peuple. Il faut retirer les sujets d’anxiété. Il faut lutter contre le chômage, principale préoccupation de nos concitoyens, mais aussi rétablir les finances publiques, diminuer nos déficits, anxiogènes pour les Français ; faire la réforme des retraites. Il faut revoir notre discours vis-à-vis du monde agricole. »

Vous dites qu’il faut rassembler les Français. Est-ce que l’ouverture engagée par Nicolas Sarkozy n’est pas un échec au niveau du rassemblement justement ?

« L’ouverture n’est jamais un échec, mais trop d’ouverture tue l’ouverture. Le tout doit être dans la mesure. »

Au niveau départemental, l’écart est plus important entre Auxiette et Béchu qu’il ne l’était en 2004 entre Auxiette et Fillon. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

« C’est une préoccupation. On va en tenir compte. Les villes ont voté très fortement à gauche mais on le sent aussi dans le monde rural. Il faut faire beaucoup de terrain et que les politiques travaillent avec humilité. Il ne faut jamais oublier que l’on est au service des autres.

Recueillis par Bruno JEOFFROY

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