Paris a besoin d’un centre de conférences internationales

Par Axel Poniatowski, Député du Val-d’Oise et Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale

La réunion en 2011 des chefs d’État et de Gouvernement du G20 pourrait-elle se dérouler à Paris ? La question mérite d’être posée. Elle est moins anecdotique qu’il y paraît. Il n’existe aujourd’hui dans Paris, où se trouvent pourtant le siège de l’UNESCO et celui de l’OCDE, aucun lieu adapté pour tenir des grandes réunions ou rencontres internationales. Il nous manque dans la capitale un centre de conférences internationales bien équipé et capable d’accueillir des participants en très grand nombre. Les chiffres sont éloquents. En 2008, il s’est tenu 900 congrès dans Paris mais il est intéressant de constater qu’un tiers ne comptait qu’entre 200 et 500 participants, 86% moins de 1000 congressistes et que seuls 3% d’entre eux ont pu accueillir 5000 personnes. Ces résultats indiquent clairement une offre limitée et une absence de solution dès qu’il s’agit d’organiser une manifestation de grande ampleur et de haute importance à caractère diplomatique et politique. Cette situation déplorable est inacceptable. 

Dans les années 90, la construction quai Branly sur l’actuel emplacement du Musée des Arts Premiers, d’un véritable centre de conférences internationales, avait été sérieusement envisagée puis finalement abandonnée en raison des nombreuses difficultés rencontrées, tant financières que juridiques. L’immeuble de l’avenue Kléber où se trouvait le Centre de Conférences Internationales (CCI) a été vendu en 2007. Depuis mars 2009, la France ne dispose plus de ces locaux qui, bien qu’ayant eu le mérite d’exister, n’étaient plus adaptés (conditions d’accès et de sécurité insatisfaisantes, espaces non modulables, obsolescence des installations techniques). D’ici la fin de l’année, le ministère des Affaires étrangères devrait pouvoir disposer de salles de réunions à géométrie variable dans les nouveaux locaux de la rue de la Convention. Cette solution plus satisfaisante sur le plan technique et des conditions de sécurité, constitue une alternative qui permet de répondre provisoirement aux situations courantes.

Mais pour autant, la situation reste inchangée. Paris ne dispose pas actuellement d’un centre digne de ce nom qui lui permettrait non seulement que s’y déroulent des conférences internationales diplomatiques mais également des congrès mondiaux à caractère professionnel qui comptent souvent plusieurs milliers de participants. Aurions-nous actuellement la capacité d’accueil suffisante pour organiser à Paris, dans un lieu unique, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre prochain ? Il est permis d’en douter. Pourrions-nous accueillir dans la capitale certains congrès mondiaux de médecine ? Rien n’est moins sûr.

Nous avons aujourd’hui l’occasion de remédier à ce manque et de réaliser ce projet d’envergure nationale. Celui-ci pourrait en effet être financé par une partie des fonds qui proviendront du grand emprunt annoncé en juin dernier par le Président de la République.

La construction d’un centre de conférences internationales répond pleinement aux critères auxquels doivent satisfaire les projets qui seront retenus. En effet, ces derniers doivent s’inscrire dans le long terme, bénéficier aux nouvelles générations et ne sauraient être réalisés par les seuls opérateurs privés. Ces investissements doivent par ailleurs intégrer, grâce aux nouvelles technologies, les préoccupations liées au respect de l’environnement, à l’écologie et au développement durable.

Nous disposons d’un site, celui de l’esplanade des Invalides, dont la proximité immédiate avec le ministère des Affaires étrangères présente d’innombrables avantages.

Monsieur Bernard Kouchner suggère que le Centre de conférences internationales prenne place sous l’esplanade. Je soutiens cette idée. Ce serait une référence, une vitrine d’excellence, en faisant appel à la fois aux technologies les plus avancées et en respectant pleinement lors de sa construction les préoccupations liées au développement durable, à l’écologie et au respect de l’environnement.

N’oublions pas qu’un projet de cette envergure, qui associerait nécessairement l’État, la ville de Paris et les partenaires privés, aurait, cela va sans dire, des retombées économiques indiscutables tant dans sa phase de réalisation sur plusieurs années que dans sa phase de fonctionnement. Les avantages et les atouts dont dispose actuellement la capitale en termes de transports, de capacités hôtelières ou d’offres touristiques, se trouveraient d’autant plus valorisés par la tenue de ces importantes réunions internationales.

Une telle réalisation est indispensable, elle est le symbole et l’expression de l’action diplomatique que mène notre pays sur la scène internationale. Fondée sur le dialogue et le multilatéralisme, cette politique d’influence et de rayonnement a besoin de trouver son expression dans un lieu. Sa construction n’est cependant possible qu’avec l’engagement de fonds publics, c’est pourquoi il est hautement souhaitable que l’édition d’un centre de conférences internationales figure parmi les projets qui bénéficieront du grand emprunt nationale. Paris le mérite. Paris en a besoin.

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