Les priorités et investissements d’avenir

Par Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Valérie Pécresse

Alors que l’économie mondiale traverse aujourd’hui une crise sans précédent, il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’accompagner les entreprises et les ménages en ces temps difficiles, mais aussi de faire de cette période de remise en question une opportunité pour notre avenir, pour notre économie et pour nos emplois.

 Pour cela, nous devons miser massivement sur la recherche et l’innovation, atout indispensable pour faire de nos industriels des champions internationaux et de nos jeunes des acteurs de la société mondialisée de demain. C’est tout le sens de la politique que je mène au sein du gouvernement depuis deux ans maintenant, avec la réforme des universités et du système français de recherche. Avec un budget consacré à l’enseignement supérieur et à la recherche en augmentation de 1,8 milliards d’euros par an, nous nous donnons les moyens d’entrer dans l’économie de la connaissance. 

Ces moyens supplémentaires, ils doivent être consacrés à un nombre limité de priorités. C’est tout l’objet de la stratégie nationale de recherche et d’innovation qui sera arrêtée dans les prochaines semaines à l’issue d’un long processus de concertation ouverte entre chercheurs, industriels et responsables politiques et associatifs. Cinq grands principes et trois axes prioritaires de recherche ont d’ores et déjà émergé.

 

Parmi les grands principes, deux me semblent mériter une attention particulière. Tout d’abord, faire de la recherche fondamentale une priorité politique parce qu’elle est indispensable à toute société de la connaissance. C’est en ce sens que j’ai renforcé encore la programmation « blanche » de l’Agence nationale de la recherche qui finance les projets de recherche selon un seul critère, celui de l’excellence scientifique, quelle que soit la finalité des travaux envisagés.

 

Autre principe fondamental à mes yeux, assurer une relation constante, partenariale et dynamique entre la recherche publique et les entreprises pour faire de la recherche un avantage décisif en termes de compétitivité et de croissance pour notre économie. Ces partenariats prennent la forme de plateformes scientifiques et technologiques partagées entre public et privé, comme le centre dédié aux nanotechnologies que nous construisons sur le plateau de Saclay. Ils sont encouragés massivement avec le crédit impôt recherche que nous avons simplifié et renforcé, en remboursant ainsi 60% des dépenses de recherche des entreprises qui sous-traitent aux laboratoires publics.

 

C’est donc dans un écosystème favorable à l’innovation, où chercheurs, étudiants, industriels et grand public apprennent et construisent ensemble que nos trois grandes priorités de recherche pourront être déclinées.

 

Et d’abord la santé, le bien-être, l’alimentation et les biotechnologies. Nous devons répondre aux attentes des Français sur chacun de ces sujets, en anticipant par exemple les conséquences de l’allongement de la durée de la vie ou en faisant face à l’apparition de nouvelles maladies infectieuses. Il s’agit également de renforcer et de développer le tissu industriel français aussi bien dans les biotechnologies que dans les technologies d’imagerie médicale.

 

La deuxième priorité, c’est bien sûr l’urgence environnementale et les écotechnologies. Car pour protéger notre planète, l’activité humaine doit changer en profondeur et s’adapter au changement climatique global. L’urgence environnementale est une exigence, qui transformera nos vies quotidiennes et nos entreprises. Mais c’est aussi une opportunité extraordinaire pour notre économie et nos emplois. La croissance de demain sera verte, et c’est dès aujourd’hui que nous devons la préparer.

 

Troisième priorité enfin, l’information, la communication et les nanotechnologies. Nous devons faire de l’excellence de notre recherche en mathématiques et en informatique un avantage décisif pour nos entreprises. Aujourd’hui, Microsoft choisit la France pour implanter un nouveau centre de recherche et développement, et nous hébergerons un des supercalculateurs européens sur le plateau de Saclay. La France prend donc une position forte dans ce domaine ; nous devons la conforter.

 

 

Avec la stratégie nationale de recherche et d’innovation, j’ai donc lancé une véritable réflexion sur les investissements d’avenir qui feront la croissance et les emplois de demain. Les résultats de ces travaux seront la base des budgets et des orientations de la recherche pour les prochaines années ; ils sont aussi bien sûr à la disposition de la commission présidée par Alain Juppé et Michel Rocard. Car celle-ci devra justement définir les projets d’avenir qui seront financés par le grand emprunt.

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