Le Monde a changé, l’Europe doit changer

Par Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Animateur national de la campagne européenne de l’UMP, Tête de liste UMP en Ile-de-France aux élections européennes

Michel Barnier

10 après la fondation de Dialogue & Initiative, la nécessité de mutualiser et de « jouer collectif » est de plus en plus nécessaire. Cette idée que nous avions voulu porter au niveau national en 1999 avec Jean-Pierre Raffarin, Jacques Barrot et Dominique Perben et tant d’autres, nous devons la porter à l’échelon européen.

Les élections du 7 juin prochain nous en donne l’occasion.

Et pour cette élection, j’ai proposé que l’UMP, notre famille rassemblée, s’y prenne autrement.

Parce que pendant 20 ans nous avons eu un problème avec l’Europe.

Pendant 20 ans, referendum après referendum, élections après élections, l’Europe a raté ses rendez-vous avec les peuples et, en vérité, on a construit l’Europe pour les citoyens mais sans les citoyens.

De Maastricht à la Constitution en passant par Nice : 20 ans que l’Europe a perdu son sens. Que les Traités ont pris le pas sur les projets.

Et pendant ces 20 ans, là où il fallait relever la tête, indiquer la route, les dirigeants européens ont pointé le moteur et la mécanique.

20 ans que les hommes politiques sont allés à Bruxelles à reculons, qu’après avoir décidé avec les autres, ils sont revenus à Paris, n’ont rien dit, n’ont pas expliqué, n’ont plus assumé.

20 ans que trop de Ministres arrivent en retard, partent en avance à Bruxelles, laissent des hauts fonctionnaires siéger et décider à leur place.

20 ans qu’à force de ne rien expliquer et de pas assumer, le silence a nourri les peurs et la démagogie.

S’y prendre autrement, c’est donc d’abord dire la vérité aux Français. Leur dire la vérité sur le monde qui nous entoure et sur la manière de tenir notre place, de rester nous-mêmes dans ce monde là.

Aujourd’hui l’économie bascule, et on le ressent très fortement avec la crise financière et maintenant économique. La démographie bascule. L’industrie, la recherche basculent. Et le changement climatique va venir tout bousculer, bien plus profondément qu’on ne le croit.

Le monde que nous connaissions il y a 20 ans n’existe plus. Il y a d’autres défis, d’autres enjeux.

Dans ce nouveau monde, des pays nouveaux s’affirment, et Jean Pierre Raffarin le sait mieux que quiconque : la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie qui revient. Avec les Etats-Unis, voilà les États-continent qui vont décider de l’ordre ou du désordre du monde dans 20 ans.

Et, pas un seul pays européen n’a la taille suffisante pour siéger seul autour de la table de ces grandes puissances.

Donc la question est simple : ou bien nous voulons y être ensemble en tant qu’Union européenne, ou bien nous n’y sommes pas. Le choix est simple, et il est le même que celui des pères fondateurs au moment de la création de la Communauté européenne. C’est la même question, mais avec encore plus d’urgence. Veut-on être à cette table, acteurs de notre propre développement ou simplement spectateurs comme une puissance sous-traitante et sous-influence ?

Or depuis que je me suis engagé en politique, je n’ai jamais accepté que l’avenir de mes enfants se fasse à Washington et se défasse à Pékin. Nous allons donc prendre le destin de notre continent en main et construire l’Europe du XXIème siècle pour relever ces nouveaux défis. Sans effacer ce qui a été accompli, nous voulons construire une autre Europe, plus protectrice, plus réactive et plus politique.

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